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La démarche artistique d'Hervé Laurent

  • 11 févr.
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 2 jours


Hervé Laurent nous a fait le plaisir de créations originales pour illustrer notre n°4 consacré à "La vérité". Il explicite ici ce qui guide sa démarche créative.


Entre Philosophie, Symbolisme et Assemblage Visuel

Mon approche artistique s’est construite au fil du temps, par expérimentations et questionnements. Elle se situe au carrefour de la philosophie, du symbolisme et de la composition visuelle, cherchant à condenser des idées profondes en une image.


Pour moi, l’art ne se limite pas à une simple représentation du réel : il est un langage, une écriture visuelle où chaque forme, chaque couleur, chaque interaction entre les éléments porte un sens. Mon travail repose sur un assemblage à déchiffrer, une porte ouverte sur la réflexion.


Plutôt que de figer une scène ou un objet, j’essaie de construire une synthèse visuelle d’un concept. J’assemble figures, symboles et parfois mots pour traduire une pensée philosophique, une idée ésotérique ou un principe universel. Cette approche s’inspire du symbolisme, du surréalisme, mais aussi de traditions initiatiques comme celles de la franc-maçonnerie, où chaque élément porte en lui une leçon cachée.


Cette manière de penser l’image n’est pas nouvelle. Des artistes comme Salvador Dalí et René Magritte ont joué avec la juxtaposition d’éléments symboliques pour brouiller la frontière entre le réel et l’inconscient. Gustave Moreau, peintre symboliste, parsemait ses œuvres de références mystiques et philosophiques. Aujourd’hui, l’art numérique permet d’aller encore plus loin, offrant une liberté totale dans l’association des formes et des idées.

Dans un monde où tout va vite, cet art incite à ralentir, à contempler, à déchiffrer. Il sollicite la sensibilité et l’intellect, car l’interprétation dépend toujours du regard de celui qui observe. Chacun y trouve un écho personnel, en fonction de son vécu, de ses références, de sa propre quête de sens.


Certains de ces assemblages s’inspirent de l’iconographie alchimique, qui illustre des processus de transformation intérieure.


Dans ma démarche, l’influence de Marcel Duchamp et Max Ernst est incontestable. Ils ont su détourner les images et les objets pour leur donner un sens nouveau, jouant sur les associations d’idées et les symboles cachés. Duchamp, avec ses ready-mades, a bouleversé la notion même d’art, montrant que le simple déplacement d’un objet pouvait provoquer une réflexion. Le pré fabriqué si on prend cette traduction, consiste à réutiliser, détourner et s'approprier des objets du quotidien afin de les transformer en oeuvre d'art.

Son œuvre Le Grand Verre, ou la mariée mise à nue par ses célibataires, illustre parfaitement cette idée d’assemblage philosophique, où chaque élément interroge le spectateur sur des concepts invisibles. Max Ernst, lui, a exploré le collage surréaliste, créant des compositions où le hasard et l’inconscient dialoguent avec la mythologie et l’imaginaire. Sa technique du froissage et de la décalcomanie permettait de faire émerger des formes inattendues, qui se chargeaient peu à peu de sens. Ses œuvres regorgent de symboles cachés comme dans L’Éléphant de Célèbes, où le mécanique et l’organique se mêlent dans un univers énigmatique.


Duchamp nous apprend à penser l’image comme un jeu conceptuel, où chaque élément déplacé crée un nouveau discours. Ernst, quant à lui, nous montre comment le collage et la juxtaposition ouvrent une porte vers l’inconscient, le mythe et l’ésotérisme.


Un Art en constante évolution

L’assemblage symbolique et philosophique ne se limite pas au passé. Aujourd’hui, de nombreux artistes continuent d’explorer cette approche. Kerstin Stephan, par exemple, utilise le collage pour questionner l’identité et la perception. Arnaud Bauville, peintre français, enrichit ses portraits en intégrant des fragments de journaux et de magazines, ajoutant des strates de signification. Patrick Bremer, artiste britannique, réalise des portraits vibrants en assemblant des morceaux de papier colorés, explorant la richesse du langage visuel.


Chacun, à sa manière, perpétue cette volonté d’exprimer des idées profondes par l’image. Ce n’est pas seulement une question d’esthétique, mais bien une expérience intellectuelle et spirituelle, une porte ouverte sur le sens caché du monde.


Ainsi, mon travail s’inscrit dans cette tradition où l’image devient une invitation à penser autrement, à voir autrement, à questionner le visible pour toucher l’invisible.





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